À qui profite la prison ?
Malgré les dénonciations depuis deux siècles des multiples effets pervers de la prison, et qui devraient logiquement l’avoir fait disparaître, l’emprisonnement reste le modèle constant et largement appliqué de la peine.
On pourrait penser que cela bouge. Depuis quelques années, sous nos yeux, grâce ou à cause de certains d’entre nous, la prison se réforme, s’adapte, s’ouvre sur l’extérieur, intervenants, télévision dans les cellules, assurance maladie pour les détenus.
Or, la prison reste la prison.
Le désir de faire payer les délinquants et les criminels par une souffrance infligée n’étant ni politiquement, ni moralement, ni éthiquement correct, on fait comme si il n’existait pas.
La prison doit camoufler son dispositif à faire souffrir.
Le discours dominant ne semble concerné que par des projets réformateurs de « traitement » pénal, de soins médicaux et psychiatriques sous contrainte pénale.
Le procès constant fait à la prison, sous couvert d’une pseudo idéologie de réadaptation, ce n’est pas qu’elle existe mais qu’elle réadapte mal, qu’elle n’empêche pas la récidive et qu’elle ne résout pas de l’intérieur les problèmes extérieurs qui ont conduit les détenus en prison.
Si les reproches sur l’usage qui en est fait et sur son fonctionnement sont permanents, il n’y a pas de vraie remise en cause du principe même de la prison.
Si son bilan était si négatif, si elle coûtait plus qu’elle ne rapporte, elle n’existerait plus.
Donc, non seulement à qui profite t-elle, mais que produit-elle de tellement nécessaire à l’équilibre de la société qui est la nôtre ?




