Aumônerie des prisons
| (Fédération Protestante de France) Région de Toulouse – Montpellier |
| • Aumônier Régional : Richard DAHAN tél. 04 67 65 70 51 • Centre pénitentiaire de Béziers : – Bertrand BOSC tél. 04 67 98 23 04 – Anderson MOUBITANG tél. 04 67 35 10 30 – Jean-Jacques SANTIAGO tél. 06 17 04 23 93 • Maison d’arrêt de Carcassonne : Jean-Pierre PAIROU tél. 06 18 60 62 52 • Centre de détention de Mende : Étienne Vion Tél. 04 66 45 03 48 • Maison d'arrêt de Nîmes : – Micheline DELORD tél. 04 66 28 18 23 – Jean-Louis POUJOL Tél.04 66 35 15 58
• Centre pénitentiaire de Perpignan : |
| Brèves |
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Qu'as-tu fait de ton frère ?
Cette chronique fait écho à une rencontre régionale des aumôniers de prison. Elle s'est tenue à Montauban le 3 avril avec pour thème « la souffrance de la personne du détenu ».
Qui mieux qu'un aumônier pourrait en témoigner, pensera-on ? Pas sûr ! Si l'aumônier est loin d'être insensible à la misère qui anéantit trop de détenus, il découvre sa grande impuissance devant la souffrance des prisonniers coupés et isolés de tout. Le risque est alors d'arrêter son regard à l'instant présent de la visite, de se contenter de tenir la main et de prier en déplorant une lamentable situation.
Au cours de cette journée, l'intervention d'une « longue peine », comme l'on dit, a été un choc qui m'a tiré d'un certain engourdissement suscité par des conditions d'enfermement qui se donnent à voir sous un jour respectable, notamment au Centre Pénitentiaire de Béziers qui a inscrit son respect des nouvelles normes européennes sur son fronton à l'entrée.
Le témoignage sur les 17 années d'incarcération de Gabi Mouesca, a manifesté combien la prison est une machine à broyer. Homme de conviction, il a lu, écrit et refuse que la sanction s'exécute au prix de la dignité de l'homme ; il est aujourd'hui chargé de la « mission prison » pour Emmaüs, après avoir présidé l'Observatoire International des Prisons.
Il a dit combien la présence d'aumôniers a souvent compté pour lui. J'ai aussi entendu que si l'engagement au jour le jour auprès de tel ou tel détenu est un soutien, voire une aide, cet accompagnement ne dispense pas de faire face à la réalité de la prison. Celle-ci fonctionne selon la logique aveugle d'un système de plus en plus répressif. Elle sanctionne au nom du peuple français en brisant l'individu alors que moi, l'aumônier, je pense agir auprès d’une personne en prison au nom du Christ Jésus.
Je prends la mesure de l'inhumanité de la condition carcérale en particulier lorsque je considère la faramineuse quantité de drogue administrée sous forme d'antidépresseur et de somnifère. N'est-ce pas une manière d'occulter la souffrance que la prison génère, une sorte d'antidote ?
En conséquence, la réflexion de l'aumônerie protestante des prisons pousse moins à solliciter de louables améliorations de fonctionnement qu'à viser une alternative à la peine carcérale. De nouvelles approches sont expérimentées au Canada, sous le nom de « justice restaurative ».
Réinsérer, réconcilier, responsabiliser plutôt que broyer mérite une vraie mobilisation. A noter que le prochain rassemblement des aumôniers de prisons de la Fédération Protestante de France aura lieu à Strasbourg début octobre, il nous introduira précisément dans cette nouvelle logique.
Bertrand BOSC
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