Éditorial
Communauté spirituelle et communauté matérielle
Pourquoi évoquer ce sujet ?
Convenons qu’en général nous faisons peu de cas de cette distinction. Lorsque nous venons au temple, nous nous soucions peu de ce problème, c’est pour nous un peu le même chose.
Qu’en est-il en réalité ?
Nous savons tous que l’Église est avant tout une communauté spirituelle dont la mission est l’annonce de l’Évangile. Pour cela elle doit constamment enrichir ses membres afin qu’ils prennent leur part pour rendre gloire à Dieu. D’où les cultes, les réunions de prières, les études bibliques, les débats, etc. Mission aussi d’aller vers ceux qui n’ont pas entendu parler de Jésus-Christ pour le leur faire connaître, en Afrique ou ailleurs, en France aussi.
Ces principes rappelés, qu’en resterait-il si nous ne pouvions avoir des locaux d’enseignement biblique tels les Instituts de Théologie, puis entretenir les pasteurs et leurs familles, si nous ne pouvions aussi construire, entretenir ou louer des édifices pour nous retrouver et prier ensemble (temples et autres locaux), les éclairer, les assurer, les doter de moyens de travail et de communication nécessaires (mobilier, papier, téléphone, ordinateurs, véhicules, etc.) ou encore de musique ou vidéo, enseigner les enfants, etc., la liste n’étant pas close ? Bref, tout ce que nous trouvons normal pour satisfaire nos propres besoins familiaux nécessitant attention et efforts de tous les instants.
Convenons donc que l’Église est aussi une communauté matérielle « qui ne se nourrit pas d’esprit et d’eau fraîche seulement ». Elle a un légitime besoin de moyens humains mais aussi financiers. C’est pourquoi nous sommes tous appelés à participer, à la fois « en mettant les mains dans le cambouis » mais aussi en les « mettant au portefeuille ». C’est normal et c’est juste.
Un père de famille travaille pour gagner l’argent des siens qui en vivent. L’État le lui permet. Il permet aussi aux associations diverses de vivre en percevant une cotisation de leurs membres en échange du service qu’elles leur rendent. Elle constitue leur droit de participer.
Mais il ne le permet pas aux Églises car évangéliser n’est pas assimilé à un service rendu. Ne pouvant percevoir de cotisations, l’État accepte par contre qu’elles vivent d’offrandes sur lesquelles il exerce néanmoins un droit de regard. C’est normal. Ainsi, la Loi de 1905 a imposé aux Églises de s’organiser en Associations Cultuelles (AC). Ceux qui souhaitent en faire partie doivent s’y inscrire comme il en est des autres associations. Mais hors de ce cadre elles n’ont plus d’existence légale.
On mesure ici combien il est important que le plus grand nombre possible de membres de l’Église adhère aux AC locales. Car autrement, sans possibilité de recueillir des dons, l’Église dont elles sont l’expression, et sous la forme que nous lui connaissons, n’aurait plus aucun moyen financier pour vivre et disparaîtrait rapidement. Pourrait-elle resurgir « souterraine » et non déclarée ? Dans notre société cela s’avérerait plus que délicat voire impossible !
Adhérer à l’AC comme l’indique la Discipline de l’ERF, c’est donc s’impliquer dans sa vie matérielle et financière, donc accepter de gouverner l’Église. Selon les moyens de chacun bien sûr puisqu’aucune offrande (contribution) matérielle et financière n’est imposée. Pour autant, ces moyens doivent être réels, le droit de vote donnant toute sa valeur à cette participation. C’est pourquoi selon les règles statutaires que la Discipline a bien définies, le Conseil presbytéral doit veiller à la participation réelle de ses membres à l’AC, quitte à tirer les conséquences de désintérêts éventuels. Cela ne signifie pas pour les intéressés une modification de leur état de membres de l’Église. Il n’y a donc pas là de quoi étonner personne.
David Mazet
Président du Conseil Presbytéral




