Billet d’humeur
| Août 2010 : tout recommence… parce que les autres, ça me concerne ! |
| Comprendre l’autre, non comme une adhésion à une famille identitaire mais comme une adhésion à une façon de recevoir l’Évangile, d’exprimer sa foi, de vivre sa relation à Dieu et aux autres : un défi aujourd’hui ; tout un chemin sur lequel s’engager audacieusement au risque parfois d’attirer l’attention inamicale autour de soi. Et puis une résistance devant ces évacuations, ces « démantèlements », ces démonstrations de force brutaux cycliques, ces expulsions faciles au cœur de l’été qui trient les familles, qui jettent les gens à la rue dehors, sans plus rien, de l’autre côté de nos frontières. Il n’y a pas de mots assez durs pour qualifier ces interventions. N’y a-t-il pas de situations plus choquantes pour réveiller notre indignation ; tout au moins une réaction ? Cette situation me réveille de ma torpeur, alors qu’au cœur de mes vacances, cela me faisait du bien de chasser enfin loin de moi ces crispations, ces sujets sensibles réchauffés régulièrement sur lesquels on a vite tendance à se fâcher, en discussion avec ses proches ou en comité élargi avec ses connaissances. Oui, il est à la mode, il est de bon ton de parler de sécurité. Les choses bougent… Mais dans quelle direction, vers où ? Il y a deux voies : l’une faite de repli, de jugement, de sélection…. Elle produit l’oppression et la violence. L’autre s’ouvre sur une altérité dont elle reçoit et qui la fait fructifier dans le partage et l’amitié. Nous avons ce pouvoir : celui de choisir entre le « moi tout seul » de l’arrogant et le « pas sans toi » du croyant. Mon choix est fait ! Mes oreilles et mes yeux sont désormais bien ouverts, le cri de souffrance de tous « ces étrangers » (ne suis-je pas moi même la première étrangère devant eux ?) vient me secouer… Que puis-je faire ? En tout cas, ne plus me taire ! Anne Heimerdinger |
| Lorsqu’ils sont venus… |
| Lorsqu’ils sont venus chercher les communistes, Je me suis tu, je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, Je me suis tu, je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus chercher les juifs Je me suis tu, je n’étais pas juif. Puis ils sont venus me chercher Et il ne restait plus personne pour protester.* |
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| *Ce poème est attribué au pasteur Niemöller, qui fut arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945, il se consacrera par la suite, jusqu’à sa mort en 1984, à la reconstruction de l’Église protestante d’Allemagne et prendra de plus en plus de distance avec les milieux conservateurs de ses origines pour devenir un militant pacifiste. |




